En vertu du décret n°2025-681 du 15 juillet 2025, les assurés totalisant 150 trimestres pourront demander une retraite progressive dès l’âge de 60 ans, quelle que soit leur année de naissance. Cette nouvelle mesure s’applique à compter du 1er septembre 2025.

Jusqu’à présent, la retraite progressive était réservée aux assurés qui totalisaient 150 trimestres et qui avaient atteint l’âge légal de la retraite abaissé de deux ans. Par conséquent, pour les assurés nés à compter de 1968, la retraite progressive n’était ouverte qu’à partir de 62 ans.

Pour rappel, la retraite progressive est ouverte aux salariés qui remplissent certaines conditions. Pour en bénéficier, le salarié doit déjà être à temps partiel ou en forfait-jours réduit entre 40% et 80% du temps plein applicable au sein de l’entreprise. Lorsque le salarié est à temps plein, s’il souhaite bénéficier de ce dispositif, il doit passer à temps partiel ou en forfait-jours réduit entre 40% et 80% au moment de sa demande.

La retraite progressive permet ainsi à un salarié de demander la liquidation provisoire d’une fraction de sa pension de retraite tout en poursuivant son activité professionnelle.

Ce dispositif n’est toutefois pas sans conséquence. En effet, la retraite progressive a un impact sur le montant de la retraite définitive, puisque celle-ci est déterminée en fonction du montant de la rémunération perçue par le salarié.

Afin de limiter cet inconvénient, il est possible pour l’employeur de permettre au salarié de continuer à cotiser sur la base d’un temps plein jusqu’au départ à la retraite, et d’asseoir les cotisations patronales sur la base d’un temps plein. Par ce mécanisme, le salarié obtiendra une pension de retraite calculée sur la base d’un temps plein.

Autre inconvénient majeur de la retraite progressive : la réduction du montant de l’indemnité de départ à la retraite. En effet, l’indemnité légale de départ à la retraite, ainsi que la plupart des indemnités prévues par les conventions collectives, ont pour base de calcul la rémunération des 12 derniers mois. Le passage à temps partiel va donc nécessairement conduire au versement d’une indemnité de départ à la retraite moins élevée.

Là aussi, il est possible pour l’employeur de décider qu’en cas de retraite progressive, la rémunération prise en compte pour le calcul de l’indemnité de départ à la retraite sera celle qui aurait été versée au salarié s’il était resté à temps plein.

Le maintien des cotisations sur la base d’un temps plein ainsi que l’assiette de calcul de l’indemnité de départ à la retraite sont deux mesures qui peuvent être négociées dans le cadre des NAO, ou discutées par les élus du CSE lors d’une réunion plénière.

Nous y répondons dans le cadre de notre assistance en relations du travail pour les CSE.